France d'outre-mer
La France d'outre-mer, souvent désignée par l'abréviation DOM-TOM permet de désigner collectivement l'ensemble des terres sous souveraineté française situées hors métropole. Les DOM-TOM ont une population de 2 624 505 habitants au 1er janvier 2009.
L'acronyme DOM-TOM signifie Département d'outre-mer - Territoire d'outre-mer. Cette expression d'usage courant semble la seule utilisée pour synthétiser la variété des statuts juridiques de ces terres, bien que, depuis la modification constitutionnelle de 2003, cette appellation ne soit plus relative au statut des territoires qu'elle englobe.
Depuis le 18 mars 2008, le secrétaire d'État chargé de l’Outre-mer est Yves Jégo. Son ministre de tutelle est Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales en place depuis le 18 mai 2007.
Départements et régions d'outre-mer
Les départements et régions d'outre-mer, (acronyme DOM, DOM-ROM ou DROM) dont le statut est le même que celui des départements et des régions métropolitaines. Ils sont régis par l'article 73 de la Constitution. Ce sont :
- Guadeloupe (971) ;
- Martinique (972) ;
- Guyane (973) ;
- Réunion (974) .
La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane forment les départements français d'Amérique (DFA).
Les DOM-ROM font partie de l'Union européenne et en sont des régions ultra-périphériques.
Guadeloupe
La Guadeloupe est à la fois une région d'outre-mer et un département d'outre-mer français (numéro 971).
Ce petit archipel des Antilles (mer des Caraïbes) se trouve à environ 7 000 km de la France métropolitaine, 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 600 km à l'est de la République dominicaine et à 950 km au sud-est des États-Unis.
Autrefois appelée calaou çaera, puis Karukera (« île aux belles eaux »), Guadeloupe tient son nom actuel du Monastère royal de Santa María, situé dans la ville espagnole de Guadalupe, dans la province de Cáceres en Estrémadure, dont la statue de la Vierge (la « Virgen de Guadalupe »), était vénérée par Christophe Colomb qui vint la remercier pour son aide lors de la découverte du « Nouveau monde ».
Le département de la Guadeloupe regroupe administrativement cinq îles et de nombreux îlets. L'île de la Basse-Terre et l'île de la Grande-Terre constituent la Guadeloupe stricto sensu.
En dépendent administrativement :
- Marie-Galante (au sud, comprenant Grand Bourg, Saint Louis et Capesterre de Marie Galante),
- les îles des Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas) (au sud),
- la Désirade (à l'est, comprenant l'île de la Petite Terre),
Économie
La situation économique de la Guadeloupe, fortement déficitaire, est traduite par deux chiffres significatifs : le taux de chômage (27,8 % de la population active en 1998), et le taux de couverture des importations par les exportations (6 % en 1996).
L'agriculture (canne à sucre, banane, melon, avocat, ananas, corossol, orange, citron, aubergine, carambole, pamplemousse), autrefois moteur économique de l'île, ne survit que grâce aux subventions de l'État et des collectivités locales. « La canne, c'est notre sidérurgie », ont coutume de dire les Guadeloupéens et pour cause les industries, peu nombreuses, appartiennent essentiellement au secteur agroalimentaire (sucreries, rhumeries, conserveries). On trouve aussi une cimenterie. Le tourisme est le seul secteur économique à conserver un certain dynamisme.
La canne à sucre et la banane, les deux plus grosses productions de l'île, sont en crise. Quant aux cultures fruitières et maraîchères, elles ne parviennent pas à couvrir les besoins des 453 000 Guadeloupéens. Chaque année, l'île doit importer plus de dix mille tonnes de fruits et de légumes.
Tourisme en Guadeloupe
La Guadeloupe est une destination prisée pour le tourisme, avec ses plages de sable blanc ou de sable noir, des forêts luxuriantes, des cascades imposantes, de nombreux musées, une faune et une flore riches, et de nombreuses découvertes de sites au hasard de la visite de certaines communes de l'île. La Guadeloupe offre aussi de nombreuses activités sportives, comme le nautisme, randonnées, découverte des fonds marins, pêche au gros, visite de Grand-cul-de-sac-Marin, etc.
Sa population est en majorité catholique, ou hindouiste pour la population d'origine indienne, mais on trouve aussi des communautés juives, musulmanes, adventistes, baptistes, témoins de Jéhovah, etc. Les coutumes de l'île, requièrent une tenue festive (endimanchée) pour assister au culte.
Le tourisme en Guadeloupe est séduisant grâce à la richesse naturelle de l'archipel, flore et faune, et aux moyens mis en place par le parc national de la Guadeloupe. L'activité touristique possède sa propre économie, essentiellement centrée sur une clientèle française.
Les touristes qui visitent la Guadeloupe voyagent, pour la majorité d’entre eux, en famille, ils ne sont que 12 % à voyager seul contre 80 % à se déplacer en famille.
Martinique
La Martinique est à la fois une région d'outre-mer et un département d'outre-mer (numéro 972) français. Elle devrait son nom à Christophe Colomb qui la découvre en 1502. L’île est alors appelée « Iouanacaëra-Matinino », habitée par les Kalinas[2], qui aurait désigné une île mythique chez les Taïnos d’Hispaniola. Le nom a évolué selon les prononciations en Madinina, « l’île aux fleurs », Madiana, Matinite et enfin, par influence de l'île voisine La Dominique, le nom est devenu Martinique. Selon l’historien Sydney Daney, l’île aurait été appelée « Jouanacaëra », par les Caraïbes, ce qui signifierait « l’île aux iguanes ». Elle est devenue française en 1635. Faisant partie de l'archipel des Antilles, elle est située dans la mer des Caraïbes, à environ 450 km au nord-est des côtes de l'Amérique du Sud, et environ 700 km au sud-est de la République dominicaine.
Administration
La Martinique est une région monodépartementale (Région et Département à la fois). L'île est divisée en 4 arrondissements, 34 communes et 45 cantons.
La Martinique constitue avec la Guadeloupe, située à environ 150 km plus au nord, et la Guyane située sur le continent Américain au nord de l’Amérique du Sud, les départements français d’Amérique (DFA). La région de la Martinique est également une des régions ultrapériphériques de l’Union européenne.
La préfecture de la Martinique est Fort-de-France. Les trois sous-préfectures sont Le Marin, Saint-Pierre et La Trinité.
L'État français est représenté en Martinique par le préfet de région (Ange Mancini, prise de fonction le 18 juillet 2007) et trois sous-préfets (Paul Laville au Marin, Joseph Monlouis à Saint-Pierre et Christiane Ayache à La Trinité.)
Les deux exécutifs de la Martinique sont le président du conseil régional, Alfred Marie-Jeanne et le président du conseil général Claude Lise.
Assemblées délibérantes :
- Conseil général de la Martinique (45 élus);
- Conseil régional de Martinique (41 élus).
Conseils consultatifs :
- Conseil économique et social régional (43 membres), président : Michel Crispin;
- Conseil de la Culture de l'Education et de l'Environnement (25 membres), président : Claude Petit.
La Martinique est représentée à l'Assemblée nationale par 4 députés (Alfred Almont, Serge Letchimy, Louis-Joseph Manscour et Alfred Marie-Jeanne) et au Sénat par deux sénateurs (Serge Larcher et Claude Lise).
Elle est aussi depuis 2007 représentée au Parlement européen par deux députés européens, Madeleine de Grandmaison et Catherine Néris.
Guyane
La Guyane (973) est une région et un département d'outre-mer (DOM) français d'Amérique du Sud. Avec ses 86 504 km2 de superficie, la Guyane est le plus grand département français et le plus boisé avec 96 % du territoire couvert d'une forêt équatoriale qui reste parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées du monde. Cette forêt équatoriale est une forêt primaire à très haut niveau de biodiversité (Hot-spot, parmi les plus riches au monde), protégée par un tout nouveau parc national et six réserves naturelles. L'UICN et l'Europe y recommandent des efforts particuliers de protection.
La Guyane fait partie des 9 régions ultrapériphériques (RUP) de l'Union européenne. C'est en outre le seul territoire de l'Union européenne sur le sous-continent sud-américain.
Son nom officiel est Guyane. L'ajout de l'adjectif française dans les dénominations courantes est une commodité de langage issue de la période coloniale, alors qu'existaient trois Guyanes : le Guyana (Guyane britannique), le Suriname (Guyane néerlandaise) et la Guyane française.
Environnement, faune, flore, forêt
Cette région est parmi les plus riches du monde en matière de biodiversité tant animale que végétale. L'environnement de la frange littorale est celui qui, le long de la RN1, a connu le plus de modifications.
La forêt humide de Guyane s'est paradoxalement épanouie sur un des sols les plus pauvres du monde, en azote, en potassium, en phosphore et en matières organiques. Pour cette raison, et parce que cette zone a toujours conservé des refuges pour toutes ses espèces lors des périodes sèches ou de glaciation terrestre, cette forêt abrite des écosystèmes uniques qui sont parmi les plus riches et les plus fragiles du monde : forêts tropicales primaires très anciennes, mangroves, savanes, inselbergs et nombreux types de zones humides.
L'acidité des sols est également à l'origine de cette médiocrité des sols guyanais. Elle contraint les agriculteurs à chauler les champs, et a conduit au mode traditionnel d'agriculture sur brûlis : les cendres participent à l'élévation du Potentiel hydrogène (pH) en plus de l'apport de sels minéraux.
On peut toutefois noter que des sites de Terra preta (sols anthropogéniques) ont été découverts sur le territoire, notamment près de la frontière avec le Brésil. Des recherches sont activement menées par des acteurs de disciplines multiples pour déterminer le mode de création de ces sols les plus riches de la planète. L'hypothèse a été avancée que l'existence même de la forêt tropicale est due à ces interventions humaines intelligentes du passé (voir l'article Terra preta), où le brûlis (" slash-and-burn ") était remplacé par le charbonnage (" slash-and-char ").
5 500 espèces végétales ont été répertoriées, dont plus d'un millier d'arbres, 700 espèces d'oiseaux, 177 espèces de mammifères, plus de 500 espèces de poissons dont 45% lui sont endémique (les poissons "limon" et les poissons à écailles) et 109 espèces d'amphibiens. Les micro-organismes seraient bien plus nombreux encore, notamment dans le nord qui rivalise avec l'Amazonie brésilienne, Bornéo et Sumatra. Ce seul département français abrite au moins 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires de la France.
Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont la fragmentation par les routes, qui reste très limitée comparativement aux autres forêts d'Amérique du Sud, les impacts immédiats et différés du Barrage de Petit-saut d'EDF, de l'orpaillage (Opération Anaconda en Guyane), d'une chasse chaotique et du braconnage facilités par la création de nombreuses pistes et l'apparition des quads. L'exploitation forestière reste modérée en raison du manque de route, de port et de la difficulté du climat et du relief. Une ordonnance du 28 juillet 2005 a étendu le code forestier français à la Guyane, mais avec des adaptations et dérogations importantes. Dans une approche qui se veut durable, des concessions ou des cessions gratuites peuvent être accordées par des collectivités territoriales ou d’autres personnes morales pour leur utilisation par des personnes tirant traditionnellement leur subsistance de la forêt, mais les moyens utilisés n'étant plus toujours les moyens traditionnels, et l'écosystème guyanais étant vulnérable, les impacts de l'exploitation ou de la chasse pourraient être importants.
La moitié de la biodiversité française est en Guyane : 29 % des plantes, 55 % des vertébrés supérieurs (mammifères, oiseaux, poissons...) et jusqu'à 92 % des insectes ! Tout cela dans un seul département de... 86 504 km². Un parc national et six réserves naturelles oeuvrent à la préservation de milieux et d'espèces aussi divers qu'uniques.
Les plages de la réserve naturelle de l'Amana constituent pour les tortues marines un site de ponte exceptionnel (l'un des plus importants au niveau mondial).
La Réunion
La Réunion est une île française du sud-ouest de l'océan Indien située dans l'archipel des Mascareignes à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et à un peu plus de 200 kilomètres au sud-ouest de l'île Maurice, terre la plus proche. Soumise à un climat tropical, elle présente un relief escarpé formé il y a seulement quelques millions d'années. Aussi, malgré une érosion très marquée, elle culmine à 3 071 mètres d'altitude au sommet du Piton des Neiges et abrite par ailleurs l'un des volcans les plus actifs du monde, le Piton de la Fournaise. Les coulées de lave émises par ce dernier ont augmenté régulièrement la superficie totale de ce territoire battu par les lames et qui jouit sur ses quelque 2 512 kilomètres carrés actuels d'un endémisme naturel exceptionnel.
Île jeune d'un point de vue géologique, La Réunion l'est également de par son histoire humaine, n'ayant été habitée qu'à compter du milieu du XVIIe siècle, soit environ 150 ans après son apparition sur les portulans des navigateurs portugais. Jusqu'alors connue en français sous le nom de Mascareigne, elle devient sous celui de Bourbon une escale de la Compagnie française des Indes orientales puis se transforme rapidement en un comptoir stratégique de la route des Indes du fait de l'essor du commerce du café à partir des années 1710. Bientôt une véritable société de plantation, la colonie passe ensuite sous le contrôle direct du roi de France dans les années 1760 avant d'être réaffectée à la culture de la canne à sucre au terme des Guerres napoléoniennes, puis d'être définitivement rebaptisée de son nom actuel et privée du recours à l'esclavage en 1848. Il s'ensuit une crise économique rampante à laquelle un terme définitif ne sera mis qu'avec sa transformation en département français en 1946.
La Réunion est depuis lors un département d'outre-mer désigné par le numéro 974, et elle bénéficie de ce fait d'un développement rapide auquel participe son statut plus récent de région ultrapériphérique de l'Union européenne. Néanmoins, et en dépit de son appartenance à la zone euro, son tissu productif reste structurellement fragile, étant toujours fortement dépendant de la France métropolitaine, comme le montre son commerce extérieur très déficitaire. On y relève un taux de chômage extrêmement élevé, résultat de la croissance encore soutenue de la population, qui est en 2008 d'environ 800 000 habitants. Les Réunionnais se concentrent sur les 200 kilomètres de côtes, où l'espace et le logement viennent à manquer.
Mais loin de n'être qu'un problème, la démographie locale est aussi une formidable richesse eu égard à la jeunesse des Réunionnais et à leurs origines variées, à la fois européennes, malgaches, est-africaines, indiennes, malaises et chinoises. La cohabitation dans un espace restreint a d'ores et déjà donné lieu à des mélanges inédits, leurs langues dialoguant via le créole réunionnais, leurs religions se rencontrant autour d'un syncrétisme original, leurs gastronomies nourrissant ensemble la cuisine réunionnaise et leurs musiques fusionnant pour donner le séga et le maloya. Ce métissage original est considéré comme un atout essentiel pour le premier secteur économique de l'île, l'industrie touristique locale, à qui elle doit son surnom d'Île intense.
Tourisme
Les revenus du tourisme constituent la première ressource économique de La Réunion, devant ceux tirés de la production et de la transformation de la canne à sucre, à l’origine du développement de grands groupes réunionnais comme Quartier Français, Groupe Bourbon ex-Sucreries Bourbon, grande compagnie aujourd'hui internationale cotée en bourse mais basée depuis hors de l’île et ayant abandonné le secteur sucrier pour l'off-shore maritime. Avec la diminution des subventions, cette culture est menacée. Aussi, le développement de la pêche dans les Terres australes et antarctiques françaises apparaît comme la bienvenue. Le secteur tertiaire, notamment commercial, est de loin le plus développé, l’import-distribution ayant pris un essor notable au milieu des années 1980 au fil de contrats d’affiliation et de franchise avec des groupes métropolitains. L’arrivée de la distribution franchisée a transformé l’appareil commercial historiquement caractérisé par une dissémination géographique de petites unités de type épiceries; les rares "boutiques chinois" encore en activité sont confinées dans les villages à mi-hauteur et, comme vestiges d’une époque révolue, ils ont plutôt un attrait touristique et pédagogique même s’ils gardent un rôle de dépannage.
Malgré un dynamisme économique certain, l’île ne parvient pas à résorber son important chômage, qui s’explique notamment par une croissance démographique très forte. De nombreux Réunionnais sont obligés d’émigrer en métropole pour leurs études et/ou pour trouver du travail.
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